Nous avons réalisé cette installation du 9 au 16 septembre 2012 sur la Digue du Large. Une semaine face à la mer, ivres de vent et de soleil, à poser ensemble ce geste dérisoire et magnifique. L’œuvre a résisté à un mistral de force 9, mais pas à quelques mains humaines. Nous n’avons vu de notre ouvrage que ce que nous vous donnons à voir ici. à peine achevée, l’installation fut détruite par un passant de la Digue et pas une feuille d’or ne fut retrouvée alentour ! Nous ne saurons jamais ce qui lui déplut tant, ou peut-être ce passant s’est-il pris au jeu de l’œuvre, y voyant là un matériau de valeur ? L’enquête fut vivement menée au sein du Port et restera sans réponse : qui a volé l’or d’Afrique ? c’était bien la question posée, me dit-on simplement au secrétariat du service de sécurité… Les deux jours qui suivirent, nous avons à nouveau recouvert quelques blocs avec ce qui restait d’adhésif, pour enfin apercevoir depuis la mer, lors d’une promenade en bateau, les éclats de lumière d’Or d’Afrique…
Projet en dérive
Mire
2026
Impression sur textile
En 1968, 2001, l'Odyssée de l'espace interroge la quête d’infini et de puissance de l'homme et son revers : la machine dépasse son créateur et retourne contre lui sa propre logique. À l’instar d’Icare, dont l'orgueil démesuré précipite la chute, l'humanité s'élance vers les étoiles, portée par ses ambitions et ses progrès technologiques, sans en mesurer les conséquences. En 2001, l'image du siècle, diffusée en boucle, montre une réalité qu’on peine à croire tant elle ressemble à une fiction… Mire rejoue cette interférence. Sur le tissu, les images de la conquête spatiale se disloquent, traversées d'artefacts chromatiques, le signal ne passe pas, passe mal, ou passe autrement. Le glitch n'est pas un accident, il est le symptôme d'un message déformé dès l'émission. Comme dans New Babel, où le téléviseur interroge le pouvoir des médias et la fragilité de nos certitudes, Mire expose la fragilité du sens : ce que les images promettent, elles le trahissent.
(FRD)




