Nous avons réalisé cette installation du 9 au 16 septembre 2012 sur la Digue du Large. Une semaine face à la mer, ivres de vent et de soleil, à poser ensemble ce geste dérisoire et magnifique. L’œuvre a résisté à un mistral de force 9, mais pas à quelques mains humaines. Nous n’avons vu de notre ouvrage que ce que nous vous donnons à voir ici. à peine achevée, l’installation fut détruite par un passant de la Digue et pas une feuille d’or ne fut retrouvée alentour ! Nous ne saurons jamais ce qui lui déplut tant, ou peut-être ce passant s’est-il pris au jeu de l’œuvre, y voyant là un matériau de valeur ? L’enquête fut vivement menée au sein du Port et restera sans réponse : qui a volé l’or d’Afrique ? c’était bien la question posée, me dit-on simplement au secrétariat du service de sécurité… Les deux jours qui suivirent, nous avons à nouveau recouvert quelques blocs avec ce qui restait d’adhésif, pour enfin apercevoir depuis la mer, lors d’une promenade en bateau, les éclats de lumière d’Or d’Afrique…
Projet en dérive
Martyrs
2026
Médium et peinture dorée
Les planches martyr sont des pièces de bois utilisées en menuiserie comme support sacrificiel lors des opérations d'usinage. Placées sous l’objet à travailler elles protègent le plateau de travail des passes trop profondes et « souffrent » ainsi à sa place. Les Martyrs de Hassan Darsi sont des planches de MDF dorées à la peinture avant d’être confiées à l’aléatoire des commandes ordinaires du menuisier : boiseries de portes, arabesques d’ébénisterie, moucharabieh, … la planche endure les couches successives et en conserve les stigmates. L’enchevêtrement de motifs, qui résulte de chaque Martyr, constitue une mémoire silencieuse. Empreintes, blessures, témoignages, les Martyrs de l’artiste deviennent plus précieux que la pièce « noble » et semblent vouloir inverser l’ordre des choses.
(FRD)

