Nous avons réalisé cette installation du 9 au 16 septembre 2012 sur la Digue du Large. Une semaine face à la mer, ivres de vent et de soleil, à poser ensemble ce geste dérisoire et magnifique. L’œuvre a résisté à un mistral de force 9, mais pas à quelques mains humaines. Nous n’avons vu de notre ouvrage que ce que nous vous donnons à voir ici. à peine achevée, l’installation fut détruite par un passant de la Digue et pas une feuille d’or ne fut retrouvée alentour ! Nous ne saurons jamais ce qui lui déplut tant, ou peut-être ce passant s’est-il pris au jeu de l’œuvre, y voyant là un matériau de valeur ? L’enquête fut vivement menée au sein du Port et restera sans réponse : qui a volé l’or d’Afrique ? c’était bien la question posée, me dit-on simplement au secrétariat du service de sécurité… Les deux jours qui suivirent, nous avons à nouveau recouvert quelques blocs avec ce qui restait d’adhésif, pour enfin apercevoir depuis la mer, lors d’une promenade en bateau, les éclats de lumière d’Or d’Afrique…
Projet en dérive
New Babel I et II
New Babel I
Septembre 2001
Télévision, télécommande et adhésif doré
Au lendemain du 11 septembre, Hassan Darsi décide de recouvrir de dorure la télévision à travers laquelle il a appris et suivi les événements, pointant ainsi le rôle clef qu’ont joué les médias dans la transmission du drame et l’esclavage médiatique du monde contemporain.
New Babel II
2026
OSB
Au lendemain du 11 septembre 2001, Hassan Darsi recouvrait minutieusement son téléviseur d'adhésif doré, figeant ainsi dans la dorure le flux ininterrompu des images diffusées par les médias du monde entier. Née d'une évidence autant que d'une violence, New Babel interroge le rôle des médias comme vecteur controversé d'un nouvel esclavage de l'image. Vingt-cinq ans plus tard, l'artiste reconstitue ce même téléviseur en OSB, un produit dérivé du bois utilisé en construction, un peu comme si l'objet, dépouillé de sa parure dorée, revenait à l'état de carcasse. Pour autant les matériaux utilisés sont toujours des ersatz, le premier de l’or, le second du bois, et l’un comme l’autre agissent comme un révélateur. Ce que l’or reflétait sous son éclat, le bois l’expose dans sa rusticité, l'impermanence des certitudes et la fragilité d’un monde toujours en chantier.
(FRD)





