Or d'Afrique I et II

"Hassan Darsi détourne les mécanismes universels qu’engendre immanquablement la couleur de l’or, en même temps qu’il interroge notre regard, celui que nous portons et celui que nous ne portons plus sur les choses de la vie. C’est également ce qui porte le travail de l’artiste lorsqu’il transpose à grande échelle ce processus de recouvrement par la dorure, sur la façade d’une galerie d’art de Casablanca (2007), ou une jetée en mer à Tenerife en 2008 et à Marseille en 2012. L’adhésif doré d’Or d’Afrique tend à faire disparaître les monumentaux cubes de bétons de la digue, en même temps qu’il en souligne l’existence et en sous-entend les histoires tragiques de traversées et de naufrages. L’or (d’Afrique) devient alors à la fois le phare qui signale le danger et la richesse convoitée qui aveugle. De subterfuges en paradoxes, de mises en abîme ou à l’échelle, l’artiste déplace le champ de l’art là où on ne l’attend pas."

 

(Extrait du texte de florence renault, novembre 2017)