Le passage de la modernité

Lorsqu’on lui propose début 2008 de réfléchir à un projet d’art urbain pour le festival de Casablanca, Hassan Darsi envisage aussitôt de réinvestir le « Globe Zevaco », surplombant de sa majesté usitée un ancien passage souterrain jadis animé et fermé depuis longtemps. L’adhésif doré sera là encore le matériau de la « mise en œuvre », le « couronnement » d’une action éphémère, mais porteuse d’une possible réhabilitation du lieu. Le passage de la modernité - en référence à la situation du site, entre l’ancienne médina et la ville moderne verra le jour sous la forme d’une maquette, restituant l’architecture de Zevaco et projetant l’intervention à l’adhésif doré de l’artiste. La réalité préférera quand à elle se passer de Hassan Darsi et ne garder du projet que l’idée, réinvestie formellement dans un badigeonnage de peinture cuivrée. De ce pillage d’idée, ne resteront que quelques articles de presse, soigneusement conservés par l’artiste, dans l’attente d’une potentielle « ré-exploitation ». Le passage de la modernité prendra alors une nouvelle dimension (politique) à travers l’histoire d’un projet spolié et sa mise en « situation artistique ». 

(Extrait du texte "Une mise en œuvre de la surface… et inversement", florence renault, juin 2009).